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Erreurs à éviter
et questions diverses

Une petite liste rapide des erreurs de méthode les plus fréquentes,
de questions souvent posées par les élèves,
et quelques petits conseils pratiques tellement élémentaires qu'on oublie parfois d'en parler,
et surtout de les respecter.


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La plus grave est bien sûr d'oublier la quadruple exigence : problématisation, argumentation, conceptualisation, élaboration. Mais dans ce cas, il ne s'agit plus d'une dissertation philosophique.
Parler de ce qu’on ignore. Ce peut être au niveau du vocabulaire (se servir de mots dont on ne maîtrise manifestement pas le sens), des  idées (exposer des théories dont on n'a qu'une vague connaissance par ouï-dire à un correcteur qui risque fort de les connaître assez bien), ou des faits (en espérant tomber dans un domaine mal connu du correcteur, ce qui reste toujours un calcul assez hasardeux et naïf, sans compter sur la perversité du lecteur qui ira vérifier ailleurs). On a alors l'air de ce que l'on est : quelqu'un de pas sérieux et d'un peu tricheur. Il est toujours possible, avec un peu d'imagination et de réflexion, de se débrouiller avec ce qu'on connaît. Il reste évident que le savoir est toujours bien utile.
Procéder par énumérations. Les deux principaux cas sont l'énumération d'exemples et celle de doctrines ou d'idées. L'énumération de quelques exemples ne prouve rien quant au problème général, c'est de plus souvent l'occasion d'un propos fort anecdotique. Il est judicieux (et difficile) de faire appel à des exemples, mais ceux-ci ne sauraient en aucun cas se substituer à l'effort d'élaboration théorique du problème en jeu. La juxtaposition d'idées ou de doctrines, outre qu'elle ne constitue pas en elle-même une argumentation, offre en plus souvent le ridicule d'un résumé forcément grossier se siècles de réflexion en quelques lignes. La dissertation doit procéder d'un suivi argumentatif, qui est à l'opposé de quelque genre de juxtaposition que ce soit.
La digression, plus ou moins consciente, plus ou moins malhonnête, consiste à s'égarer dans des propos qui ne visent plus le sujet, ou qui deviennent étrangers à l'argumentation engagée. La digression totale constitue ce qu'on appelle un hors-sujet. La digression de sang-froid (je n'ai rien à dire sur la question, je vais donc parler de ce qui m'intéresse) est très perceptible à la lecture et sera sévèrement sanctionnée. Mais certains ont tendance, comme on le fait assez fréquemment dans la vie courante, à se laisser entraîner par le fil des associations d'idées, et notamment à revenir inconsciemment à ce qui constitue leurs préoccupations ou leurs centres d'intérêts préférés. Il faut se maîtriser suffisamment soi-même pour s'empêcher de divaguer de la sorte, affaire de volonté et d'entraînement.
            Les considérations idéologiques ou moralisatrices, à la manière de certains mauvais journalistes ou commentateurs de la presse écrite ou de la télévision, qui vous brandissent à tous moments des grands principes qu'il est interdit de remettre en question, donc de penser. Il faut notamment rester très circonspect vis à vis des grands thèmes à la mode, aussi incontestables ou généreux puissent-ils sembler. Le correcteur au long cours a l'habitude de ces principes et de ces notions incontestables qui durent exactement le temps de leur mode. La dissertation n'est pas le lieu des professions de foi, politiques ou morales. Tout ce qu'on y énonce doit rester de l'ordre de l'argumentation et de la problématisation. Et ce travail commence par une interrogation sur les concepts, aussi sacrés soient-ils au sein de telle ou telle chapelle.
Ne s’occuper que vaguement de la question précise, prise comme simple prétexte d’une récitation de cours plus ou moins adaptée, ou, encore pire, d’un déballage d’opinions. En particulier, la vraie question n'est pas sur quelle partie du programme ou sur quelle notion on est tombé, mais que dit précisément la question posée, avec ses probables ambiguïtés.


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Aurai-je une mauvaise note si le correcteur n’a pas les mêmes opinions que moi ? En principe, non (de la même manière qu'un juge qui n'a pas vos opinions vous jugera en principe avec autant d'impartialité). Il faut rappeler que la dissertation n'est pas un déballage d'opinions, mais un travail d'argumentation et de problématisation. C'est cela qui est jugé.
Comment se passe la correction des copies au bac ? Non, il n'y a pas de double correction; non, il n'est pas possible de refaire corriger sa copie. Le correcteur participe à des commissions d'entente et d'harmonisation, et les décisions finales sont prises collectivement par un jury. S'il existe de temps en temps un correcteur fou (ça arrive dans toutes les professions, même si c'est très exceptionnel, et on peut se dire qu'il vaut mieux tomber sur un correcteur fou que sur un chirurgien fou), il est vite repéré et retiré du circuit. Sans tomber dans la naïveté, ne pas trop se laisser abuser sur les moments de bravoure et de propagande journalistique contre les aberrations de la notation, et s'interroger aussi sur la part de jalousie sociale entrant dans ces dénonciations épisodiques.
           Y a-t-il des sujets qui reviennent plus fréquemment que d’autres ? A l'évidence oui, et il n'est pour s'en rendre compte, qu'à consulter les annales. Mais attention, ce n'est pas parce que certaines notions "tombent" rarement (comme la mort), qu'elles ne "tombent" jamais.
Faut-il faire un brouillon ? Il est hors de question, en quatre heure, d'entreprendre une rédaction intégrale au brouillon. C'est d'ailleurs inutile, puisque soit on recopie la même chose, et ça ne servait à rien, soit, ce qui est le plus fréquent, on recopie autre chose, et ça ne sert pas à grand chose. Le brouillon est par contre indispensable pour le travail de préparation préliminaire, accumuler les matériaux, dégager une problématique, organiser un plan. Il peut être aussi judicieux de peaufiner au brouillon son introduction et sa conclusion.
           Faut-il faire des citations ? Question assez secondaire. Si vous en connaissez une (exactement, l'à peu près est interdit), et qu'elle soit susceptible de s'insérer judicieusement dans votre argumentation, très bien. Sinon, tant pis, ce n'est vraiment pas grave. En tout cas, il ne faut pas oublier qu'une citation n'est jamais un argument en soi.
           Faut-il faire des dissertations en temps limité ? Il faut évidemment se préparer au temps limité de l'examen, avec ces quatre heures qui sont à la fois bien longues et pourtant bien courtes. Si vous constatez que vous avez personnellement des difficultés en temps limité, alors il faut vous y entraîner, éventuellement en prévenant le professeur que vous avez tenu à faire votre travail dans les conditions de l'examen (à condition que ce soit tout à fait vrai). Mais par ailleurs, il ne faut pas hésiter à prendre, au moins de temps à autre, tout le temps qui sera nécessaire, et cela peut faire parfois beaucoup. Imaginerait-on un champion de cents mètres qui n'accepterait de s'entraîner que sur cent mètres ? Reste que, comme pour toutes les histoires de durée, il est au fond toujours plus ou moins impossible et absurde de faire une mesure en heures (voir le chapitre sur le temps).


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La propreté de la copie. C'est elle qui représente physiquement l'auteur en son absence. Alors on rend une copie propre et bien présentée, comme soi-même on serait propre et bien présenté pour l'oral. Dans le cas contraire, vous risquez d'être jugé a priori comme quelqu'un de désinvolte, voire de méprisant.
Respecter le format proposé, et en particulier pas de marges supplémentaires (à droite, à gauche, pourquoi pas au milieu). Vous risqueriez, à tort ou à raison, de sembler prendre le lecteur pour un naïf, en tentant de lui faire croire en une longueur inexistante.
Eviter le stylo-bille (ça bave, et c'est, comme le chewing-gum, parfois considéré comme signe d'impolitesse, même si le sens de la chose vous échappe), modérer l’usage de l’effaceur (l'abus faisant parfois ressembler la copie à un chantier de ravalement de façade), utiliser une encre sombre (le clan des correcteurs est plein de myopes corrigeant souvent à la lumière artificielle, mieux vaut les caresser dans le bon sens).
           Éviter les fantaisies graphiques (suivant les inspirations personnelles, ronds sur les i, des r ou autres systématiquement majuscules, des m qui n'ont pas plus de jambes que les n, etc.). Il y a des normes de l'écriture, ce n'est pas qu'une affaire de rigidité, c'est aussi une affaire de communication. Réserver sa créativité pour le champ de la réflexion.
Veiller à la lisibilité de l’écriture, dont le but, parfois apparemment insoupçonné de certains, est de parvenir à communiquer sa pensée à autrui (ce à quoi certains ne tiennent certes pas plus que ça...).
Écrire en français, qui est la langue officielle de l'examen.  Ce qui implique le respect de beaucoup de règles, qui nécessitent un long apprentissage et un long entraînement (comme pour n'importe quel moyen de communication): orthographe, syntaxe, distinction entre les registres oraux et écrits.


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